|
Application en Ostéopathie :
L'installation dans un processus algique chronique ( dont la durée est supérieure à 3 mois) a d'ailleurs fait rapidement place à la notion de douleur maladie, caractérisée par une forme d'auto entretien du processus douloureux. Cette notion clinique se confirme actuellement scientifiquement par l'équipe de Vania Apkarian de l'université Northwestern de Chicago.
Les progrès de l'imagerie cérébrale, et en particulier l'imagerie par résonance magnétique ont permis de découvrir que les sujets souffrant de lombalgies chroniques depuis au minimum un an avaient perdu 1,3cm cube de matière grise par an, correspondant à une perte équivalente à l'effet du vieillissement sur 10 à 20 ans.
Cette atrophie cérébrale touche principalement deux zones particulières : le cortex pré-frontal ( zone impliquée dans le contrôle des émotions et le contrôle comportemental) et le thalamus ( zone reliant les informations sensorielles au cortex limbique).
Ces travaux ne permettent pas de déterminer si la perte de matière grise est la cause ou la conséquence de la lombalgie chronique, mais il est probable que la souffrance physique provoque dans le cerveau des dégâts qui, à leurs tour, accroissent encore la douleur. Nous aurions alors mis en évidence le support somatique de l'auto aggravation de la douleur cliniquement constatée.
Ces travaux contribuent à expliquer la difficulté à résoudre le traitement de la douleur et voir son évolution vers l'irréversibilité.
L'intérêt des traitements préventifs dans lesquels s'inscrit la pratique ostéopathique moderne que nous défendons, vient ainsi de trouver une nouvelle preuve scientifique.
GRESSIER F. D.O.
|