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Application en Ostéopathie :
L'étude porte sur l'analyse de 83 articles complets publiés de 2005 à 2008. Ils ont voulu savoir si ces articles répondaient aux 5 objectifs fixés par le journal Chiropractic & Osteopathy
•1. Avoir un contenu ostéopathique et chiropratique :
L' appellation du journal ne reflète pas son contenu. En effet seulement 4 études portant sur l'ostéopathie ou écrites par des ostéopathes y sont publiées. L'objectif n'est pas atteint.
•2. Avoir une publication internationale :
Initialement créé pour la région Australie-Asie, il fut remanié pour une publication internationale avec un comité éditorial international. Les pays ayant publiés sont : Etats-Unis (40), Australie (22), Canada(9), Europe (9), collaboration internationale (3). La prédominance américaine est due par le nombre d'institutions et de praticiens en chiropractie, plus nombreux qu'ailleurs. La moitié des publications émanent des Etats-Unis, l'objectif n'est donc pas pleinement atteint.
•3. Publication d'études factuelles ayant pour objet les revendications de ces médecines alternatives complémentaires :
D'avril 2005 à Septembre 2008, le journal a publié un total de 83 articles dont 31 sont des études de recherche (y compris les sciences fondamentales, les évaluations, les essais cliniques, les enquêtes, et d'autres modèles). 9 études sur les 31 sont des recherches cliniques, les conditions et les examens cliniques sont principalement portés sur: 1. les lombalgies, 2. les maux de dos chroniques, 3. cervicalgies (chronique ou non), 4. les douleurs thoraciques, 5. hypertrophies des articulaires postérieures cervicales, 6. lésions articulaires dégénératives, et 7. la scoliose idiopathique.
Première conclusion, les études portent majoritairement sur le musculo-squelettique. La deuxième est que les articles sont plus orientés sur des études de cas spécifiques plutôt que sur les cas ayant plus de prévalence. Cela refléterait les instructions aux auteurs qui mettent l'accent sur l'inhabituel.
La méthodologie est la qualité principale d'une étude qui permet de juger le niveau d'efficacité des traitements évalués. L'essai clinique est le seul modèle d'étude qui permet de mettre en évidence l'efficacité de façon rigoureuse. Cela représente 9 publications sur les 31 articles de recherche répertoriés, soit 12% de la publication sur 3 ans. En comparaison avec le Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics (JMPT) qui a publié à hauteur de 15% d'essais cliniques sur la même période, l'objectif est atteint.
•4. Collecter et publier tout type d'article lié à la recherche scientifique :
31 études de recherche, 20 études descriptives et analytiques, 18 rapports de cas, 12 commentaires. Aucun article sur les protocoles, hypothèses et rapports préliminaires n'a été publié. L'objectif de publier en priorité les études de recherche mettant en évidence l'efficacité basées sur des preuves, est atteint.
•5. Encourager les commentaires de publication intéressant de près ou de loin l'ostéopathie et la chiropractie:
12 articles sur 3 ans sont des commentaires, et seulement 1 porte sur un sujet ostéopathique : l'ostéopathie crânienne. Ils concluent que les chiropracteurs sont plus enclins à s'exprimer sur divers sujets que les ostéopathes.
le journal Chiropractic & Osteopathy est en libre accès. Il est répertorié dans PubMed, PubMed Central, Scopus, the Manual Alternative and Natural Therapy Index System (MANTIS), l'index de Chiropractic Literature (ICL), et Google Scholar. Sur le plan international, la revue est également dans les dépôts de l'Université de Potsdam en Allemagne, à l'INIST en France et dans le e-Depot, la Bibliothèque nationale des Pays-Bas aux archives numériques. Actuellement, la revue participe au projet pilote de la British Library sur les journaux électroniques.
Elle fait partie de la BioMed Central, une société indépendante d'édition en libre accès, sans frais pour les auteurs, en supportant les coûts de publications. Les articles publiés dans BioMed Central sont immédiatement disponibles en ligne et en permanence. Sans restrictions d'utilisation, de distribution et de reproduction sur tout support, à condition que l'article soit bien cité.
Les auteurs concluent que le nom du journal ne reflète pas son contenu, et qu'ils comprennent la déception d'un ostéopathe à ne pas trouver d'articles sur sa médecine. Il faudrait développer des moyens plus attractifs pour que les ostéopathes viennent publier, ou alors renommer le journal en Australasian journal for chiropractic. L'origine du contenu est à 50% situé aux Etats-Unis, l'aspect internationale reste encore a acquérir. L'objectif de publier des éléments de preuve au sujet de l'ostéopathie n'a pas été atteint, mais la chiropractie a eu un certain succès, avec 37% d'études de recherche. Le seul objectif pleinement validé est la publication de la recherche sous toutes ses formes. Les articles les plus lus, sont ceux portant sur l'étude de cas et les commentaires d'autres recherches. Les articles de recherche ne rencontrent pas le même succès. Ce journal n'est pas le seul sur le marché à publier des articles de recherche en chiropractie, la rédaction pense donc à multiplier le nombre de publications d'étude de cas afin de mieux contenter ses lecteurs et de se distinguer de ses concurrents.
A la vue de ces conclusions, nous sommes déçus mais réalistes. Les concepts ostéopathiques ont la vie dure. Le manque de publication de niveau internationale est le point faible de notre profession. Il est intéressant de noter que très peu d'études probantes sur le viscérale ont été publiées dans cette revue. Les ostéopathes n'ont visiblement pas les moyens ou la méthodologie nécessaire pour produire de bonnes études. Sur notre continent, malgré de nombreux établissements communiquant sur leur département recherche (marque d'excellence), beaucoup en ont que le nom, car le rapport coût/efficacité est médiocre au vu du nombre restreint de publications « trop de fumée sans feu »
Notre site offre un moyen de publier sur internet, simple, multimédia et gratuit. Il faut développer cet outil et multiplier les supports de communication : articles, vidéos, photos, power points ; afin de rendre attractive la recherche. L'enseignement de l'analyse de ce grand journal est que les lecteurs sont plus friands de commentaires et d'études de cas, car ils sont plus accessibles et sont applicables dans leur pratique. Les établissements et les ostéopathes sont capables de s'investir et de publier ce type d'article. Ils nous semblent important de répondre à cette attente qu'est l'amélioration de sa pratique par les informations glanées sur internet. Il faut un journal mensuel basé sur l'aide à la pratique quotidienne des ostéopathes. En se posant les bonnes questions, les ostéopathes auront envie d'aller plus loin dans la recherche de réponses, et ainsi enrichir leurs savoirs. En espérant un plus grand nombre de publications, R-DO a aussi pour but de diffuser les connaissances applicables à la pratique.
PROTIN LOIC
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