http://a3dm2010.conference.univ-poitiers.fr/spip.php?article69&lang=fr
Tout au long du 20e siècle, les inventions
technologiques ont largement contribué à modifier nos modes de vie.
Actuellement, le développement rapide des technologies
numériques a changé notre rapport au monde qui nous entoure en
un laps de temps extrêmement court. Ces (r)évolutions ont bien entendu
de fortes répercussions sur notre façon de conduire les activités de
recherche dans le domaine de la locomotion humaine et animale.
La démarche scientifique que nous suivons dans ce
domaine spécifique ainsi que les outils que nous utilisons font suite
aux travaux novateurs menés par E-J. Marey, Georges Demenÿ à l’Institut de physiologie
situé au parc des princes. Il y a 130 ans, ces précurseurs ont posé
les bases de l’analyse cinématographique et dynamographique du mouvement
et conçu les instruments de mesure spécifiques (e.g. chronophotographe,
fusil photographique, dynamographe) dévolus à l’analyse du mouvement.
Ces instruments sont en perpétuelle évolution afin d’améliorer leur
précision de mesure et de diminuer leur encombrement ; pour autant, les
principes de base restent identiques à ceux préconisés par Marey et ses
collaborateurs.
Les dernières évolutions des systèmes d’analyse du
mouvement les plus avancés permettent de placer de
nombreuses caméras connectées en réseau, de visualiser la cinématique
tridimensionnelle et d’en calculer des paramètres en temps opérateur ou
encore de superposer des images vidéos à la modélisation du sujet.
Ces apports sont d’indéniables atouts vers une utilisation de plus en
plus large de l’analyse du mouvement. Cette tendance ne peut que
s’amplifier si l’on considère que récemment l’assurance maladie a
inscrit l’analyse quantifiée de la marche
sur sa liste des actes remboursés ou pris en charge. Dans ce cas précis,
il s’agit d’établir un diagnostic fonctionnel afin d’orienter les choix
thérapeutiques et en contrôler l’efficacité. Il est alors de prime
importance pour l’expérimentateur de maîtriser l’ensemble de la chaîne
de mesure utilisée (les inévitables incertitudes de mesures) afin de
fournir la meilleure estimation (leur propagation dans les quantités
calculées) de cette locomotion. Cette démarche passe obligatoirement
par, d’une part, une solide formation en métrologie
et, d’autre part, la mise à niveau des connaissances
du matériel utilisé en fonction de ces évolutions tout au long de la
vie professionnelles des expérimentateurs.
Un autre héritage de Marey est la représentation du
corps humain en mouvement sous la forme d’un
système multicorps. Actuellement, les bases
théoriques ainsi que les modes
calculatoires pour ce type de modélisation sont principalement
développés en robotique. Il est bien
évident que des particularités propres au corps humain (e.g. contraintes
anatomiques, géométrie des masses) doivent être prises en compte. Il
n’en reste pas moins que les fondements théoriques de la démarche
restent identiques ; Ils permettent d’analyser
les mouvements du système multicorps au cours du temps (modèle
descriptif), de simuler ces mouvements
(modèle prédictif), voire de les synthétiser
dans le cas d’une utilisation des dernières avancées théoriques.
Il vient alors que l’analyse
tridimensionnelle du mouvement humain ou animal requière des compétences issues de multiples
disciplines. Le spectre de ces compétences est large et, de
façon non exhaustive, comprend les sciences pour l’ingénieur et le génie
médical. Cette approche multi- /
trans-disciplinaire est extrêmement difficile à mettre en œuvre
et à animer. Elle est cependant fondamentalerépondes pertinentes
aux questions de notre société. Ce colloque se veut être une
contribution à cet objectif et conduira à tisser des ponts entre les
différents protagonistes (chercheurs, milieu hospitalier, industriels,
associations)
pour apporter des
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